Analyse hebdomadaire EUR/USD – Le risque d’un biais baissier toujours présent

Carolane De Palmas
EuroDollar Notes

La semaine dernière, le marché de la dette souveraine – qui fluctue en fonction du différentiel de taux entre les grandes nations du monde – a négativement impacté la paire EUR/USD qui se situe désormais autour de l’important support à 1,1500 $.

D’où vient ce biais baissier?

Bien que l’euro soit une monnaie dominante, elle reste tout de même une devise fragile soumise à de nombreux risques géopolitiques et économiques.

La baisse récente résulte notamment de l’annonce d’un budget italien dépassant les limites d’endettement autorisées par Bruxelles, renforçant l’écartement des spreads entre les taux longs allemands et italiens.

Il ne faut pas oublier l’évolution de l’inflation en Zone Euro.

Mario Draghi, gouverneur de la Banque Centrale Européenne (BCE), a déclaré en septembre dernier une « reprise relativement vigoureuse de l’inflation sous-jacente », ce qui a soutenu l’euro à court-terme.

En revanche, la publication de l’inflation dans la Zone Euro pour le mois de septembre a été décevante, ce qui a fait chuté la monnaie unique. En effet, bien que l’inflation principale soit de 2,1 % en septembre, notamment grâce à l’augmentation récente des prix de l’énergie, l’inflation sous-jacente s’est établie à seulement 0,9 % (alors que le consensus visait une hausse de 1,1 %).

D’un autre côté, le Dollar Américain est haussier car il profite d’une économique en hausse, d’une situation de l’emploi solide et d’une Réserve Fédérale encline à continuer la remontée de ses taux directeurs pour réduire le soutien monétaire qu’elle apporte à l’économie américaine.

Vendredi dernier, le département du travail américain a fait état de 134 000 créations d’emplois dans le secteur non agricole pour le mois de septembre – chiffre plus faible que les 185 000 anticipés mais qui reste tout de même positif. Le taux de chômage aux Etats-Unis a également baissé à 3,7 % – son plus bas niveau depuis 1969.

L’autre aspect positif qui ressort de ce rapport concerne les chiffres des deux mois précédents qui ont été revu en forte hausse, sans compter que selon l’institut de recherche ADP, les données hebdomadaires sur les demandes d’allocation chômage aux Etats-Unis ont également chuté à leur plus bas niveau depuis 1969 la semaine dernière.

Toutes ces données sont d’une extrême importance pour la Fed

Le rapport sur le NFP (Non-Farm Payroll, ou nombre d’emplois créés dans le secteur non agricole) représente certainement le chiffre le plus puissant parmi les différentes données économiques disponibles aux Etats-Unis.

En effet, ce rapport a la capacité de faire bouger le marché des changes car les membres de la Fed portent une attention particulière à ce chiffre qui constitue l’un des piliers les plus importants de sa politique économique et monétaire. Rappelez-vous que la Fed a un double mandat de plein emploi et de stabilité des prix.

Comme nous l’avions expliqué dans une analyse précédente, la Fed a augmenté la semaine dernière l’objectif de son taux directeur qui se situent désormais dans la fourchette de 2 % à 2,25 %.

D’après les membres du FOMC, les données économiques sont positives et une nouvelle hausse des taux devrait être attendue cette année – les investisseurs doivent également anticiper 3 hausses de taux l’année prochaine.

Par conséquent, la courbe des taux aux Etats-Unis remonte et atteint même des nouveaux records avec le rendement des bons du Trésor américain (T-Notes and T-Bonds) à 2 ans et à 10 ans atteignant respectivement 2,90 % et 3,23 % – plus haut niveau depuis 2008 pour le 2 ans et 2011 pour le 10 ans.

La divergence des politiques monétaires américaines et européennes affecte l’EUR/USD

Les tendances des taux d’intérêt qui se dessinent reflètent les divergences macro-économiques entre la Zone Euro et les Etats-Unis, ce qui provoque une divergence accrue des politiques monétaires entre celle de la Fed et celle de la BCE.

Cette divergence reste l’élément le plus important à surveiller lorsque vous investissez sur l’EUR/USD.

En effet, les Etats-Unis ont commencé à normaliser leur politique monétaire en 2015 avec l’arrêt des stimuli monétaires et la remontée de leurs taux Fed Funds, alors que la Zone Euro continue de soutenir l’économie européenne avec son programme d’assouplissement quantitatif (QE) et des taux directeurs à 0 %.

Depuis le début de l’année, le Dollar U.S. est globalement haussier face à un panier de devises, alors que l’euro doit faire face à de nombreux challenges au sein de ses pays membres comme le Royaume-Uni et le Brexit ou l’Italie et son budget.

Après avoir atteint les 1,2500 $ début 2018, la paire EUR/USD a fortement baissé jusqu’à atteindre 1,1301 $ en août et évolue actuellement entre 1,1500 $ et 1,1800 $ depuis juin.

Depuis le 26 septembre, les prix ont baissé pendant une semaine et sont passés de 1,1775 $ à 1,1482 $, cassant à la baisse la moyenne mobile à 20 jours.

Le risque principal à surveiller reste l’évolution de la paire au niveau des 1,1500 $ – niveau considéré comme un point pivot moyen.

Si les prix venaient à casser ce support, ils pourraient évoluer à la baisse vers les 1,1200 $. En revanche, s’ils continuaient d’évoluer vers le haut, ils pourraient se diriger vers le niveau 38.2 des retracements de Fibonacci à 1,1594 $, puis vers la moyenne mobile simple.

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